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Infrastructure africaine :
Entre financement et rendement décroissant
Commentaires offerts lors d'une interview radiophonique avec Africa numéro [1]
1. Introduction : échanges intra-africains en baisse
Entre 1998 et 2008, les échanges commerciaux entre les pays
de l'Afrique subsaharienne ont chuté passant de 12,6 % à 11,5 % [2] du total des
échanges. Il va de soi que la faiblesse, la vétusté, le manque de maintenance
des infrastructures sur le continent est en partie responsable. En comparaison,
le niveau des échanges intra-asiatiques, bien plus élevé que celui d'Afrique
subsaharienne, est à mettre en parallèle avec le niveau des infrastructures en
Asie de près de 50 % supérieur à celui de l'Afrique subsaharienne.
2. Infrastructure : à qui s'adresse-t-on en Afrique subsaharienne en priorité
?
L'infrastructure doit se comprendre essentiellement comme des
projets dans les principaux secteurs suivants : transport, énergie, route, port,
air, rail, télécommunications, eau, santé, éducation, etc. Il faut se rendre à
l'évidence qu'auparavant tout se faisait avec l'Etat. Aujourd'hui avec la
faiblesse des Etats et de leurs ressources, leur incapacité à prendre en charge
tous les risques notamment de gestion, les projets d'infrastructures se
réalisent de plus en plus avec le secteur privé international et souvent sous la
forme de partenariat public-privé. Il ne faut donc pas s'étonner de voir côte à
côte des partenaires comme l'Etat/les gouvernements, le secteur privé, les
institutions internationales et régionales de financement, les fonds et diverses
facilités d'appui (public ou privé), et les opérateurs techniques eux-mêmes y
compris les gestionnaires en concession du projet d'infrastructure.
Le vrai problème stratégique est que de nombreuses
infrastructures n'ont pas pour objectif premier de servir les populations qui en
auraient le plus besoin, malgré la publicité importante qui entoure les
initiatives. L'essentiel des infrastructures s'adresse d'abord à des populations
riches ou tout au moins une partie aisée de la population. Il suffit de
constater l'absence quasi-dramatique des routes piétonnes ou des pistes
cyclables alors que l'intérêt pour 60-70 % de la population rurale africaine
pour ce genre d'infrastructure routière est évident surtout par temps de pluie.
A contrario, les routes asphaltées sont utilisées parfois à moins de 30 % de
leur capacité ou alors ne servent qu'à sortir rapidement du pays les matières
premières non transformées vers les points d'exportation.
En guise d'exemple, l'extraordinaire progression du commerce
de la Chine avec l'Afrique témoigne de ce phénomène inquiétant. Alors que le
commerce sino-africain est passé en 2000 de 10 milliards de $UD à 106,8
milliards de $US en 2008 [3], les investissements chinois se sont dirigés
prioritairement vers des infrastructures en Afrique qui permettent d'accéder ou
de sortir les ressources du sol et du sous-sol du continent. Il faut donc faire
attention de ne pas recommencer les erreurs passées en Afrique avec la Chine en
fondant la stratégie africaine sur l'échange inégal et non créateur d'emplois :
financement des infrastructures par la Chine et en retour fournitures de
matières premières non transformées.
Après le "rush" vers les projets d'infrastructure dans les
télécommunications, il semble que la nouvelle tendance pour les investisseurs
privés se porterait vers les projets d'infrastructure dans le domaine de
l'énergie et le transport. La santé et l'éducation restent les parents pauvres
et supposent un effort accru des Etats et des collectivités locales.
3. L'infrastructure en Afrique n'a jamais été considérée comme une
non-priorité
Les principales institutions de financement du développement
et leurs partenaires privés estiment qu'il faudrait 31 milliards de $US pour
donner un coup de pouce aux infrastructures en Afrique [4]. Personne ne conteste
qu'il faille augmenter substantiellement l'infrastructure et le financement
concomitant en Afrique. C'est plutôt comment le faire et au profit de qui, qui
est le véritable problème, sans oublier d'ailleurs la véritable rentabilité à
long terme du projet infrastructure et la capacité des Etats à assurer la
maintenance. En général en Afrique, le projet d'infrastructure se termine plus
comme un surplus d'endettement pour le budget de l'Etat qu'une satisfaction
générale du public et l'amélioration de la productivité générale du pays. C'est
donc cela qu'il faut changer.
Concernant le financement des infrastructures en Afrique,
s'agit-il simplement d'aller s'endetter selon des montages financiers les plus
complexes où les intermédiaires ne sont jamais les perdants ? En réalité, les
Africains feraient mieux de ne pas économiser sur un débat réel sur leur vision
afrocentrique de ce que doit recouvrer la notion d'infrastructure et de
s'interroger s'il ne faut pas simplement s'appuyer sur des ressources non
génératrices d'endettement qui existent en Afrique si la solidarité et les
freins à la corruption redeviennent des priorités pour des responsables
politiques, lesquels optent assez souvent pour l'option d'aller chercher
l'argent chez les autres. Feu Professeur Joseph Ki-Zerbo avait bien caractérisé
cette approche dans son livre sur "la natte des autres " [5].
4. La vision à long terme existe, mais ne se concrétise pas en termes de
productivité
On ne peut pas dire qu'il n'y a pas eu de vision à long terme
en Afrique. Depuis les années 1960, les dirigeants africains avaient élaboré
avec l'aide de la Commission Economique pour l'Afrique des Nations Unies un
programme chronologique de maillage et de développement des infrastructures en
Afrique. D'ailleurs, les projets d'infrastructure retenus dans le cadre du NEPAD
(Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique) n'ont fait que mettre à
jour et sélectionner quelques uns de ces projets qui ne trouvent toujours pas de
financement. A côté de la recherche de financement externe à l'Afrique, les
responsables africains devraient revoir leur stratégie interne d'organisation de
la solidarité à partir de leur capabilité financière tirée des matières
premières.
Une prise de conscience des responsables pour investir dans
l'infrastructure en Afrique a repris le dessus au cours de ces dernières années.
C'est ainsi que la formation brute du capital en Afrique subsaharienne est
passée de 4,5 % de croissance annuelle entre 1990-2000 à 8,5 % entre 2000-2008
[6]. Il y a donc bien une volonté de renforcer les infrastructures en Afrique.
L'infrastructure en Afrique souffre tant au moment de la
préparation des investissements et des financements, qu'au cours des phases de
renouvellement des équipements, de gestion et de maintenance de
dysfonctionnement graves, ce qui obstrue la pérennisation des actions. Chacun
sait qu'avec des infrastructures médiocres et mal entretenues, l'Afrique ne peut
avoir que des "manque-à-gagner" qui se résument à une chute de son niveau de
croissance économique, estimée par certains à 2 %, ce qui de toutes les façons
réduit considérablement la productivité dans tous les secteurs.
Aussi, il faut déterminer s'il y a une responsabilité et une
volonté politique réelle en Afrique pour réaliser l'infrastructure ou ne
s'agit-il que d'un très bon argument pour organiser une corruption dans laquelle
l'Etat n'est pas neutre ?
Les difficultés sont connues : l'anticipation à long terme,
le développement du cadre légal de partenariat public privé (PPP) pour attirer
plus d'investisseurs à participer tant dans la réalisation que dans le
financement des infrastructures en Afrique, trouver des expertises techniques et
éthiques pour faciliter la réalisation d'un processus complexe de préparation,
de réalisation et de financement de projets d'infrastructures en Afrique. En
effet, la remise en cause des contrats et la corruption constituent des freins
considérables au succès des partenariats publics-privés par exemple. Le commerce
intra-régional demeure la priorité mais rien n'a vraiment pas l'air de bouger
malgré les grandes incantations et gesticulations des institutions de
financement y compris la BAD.
Tout le problème revient à se demander si un projet
d'infrastructure est rentable et pour qui ? Le marché a répondu car l'essentiel
du secteur privé s'oriente vers les télécommunications et moins vers la santé,
l'éducation ou les routes. Rappelons encore que le commerce intra-régional en
Afrique subsaharienne a perdu 1,1 % en dix ans alors que les exportations de
l'Afrique subsaharienne avec les pays de l'hémisphère nord se sont ralentis de
64,7 % en 1998 à 61,1 % en 2008. Les principaux bénéficiaires se trouvent dans
la région Asie et les pays émergents. Les exportations comme au demeurant les
importations de l'Afrique subsaharienne en dehors de ses frontières ont eux
progressé passant respectivement et dans les mêmes proportions de10,0 % en 1998
à 26,1 % en 2008 [7].
5. La densité de l'infrastructure s'améliore pourtant en Afrique
subsaharienne
La formation brute du capital en Afrique subsaharienne est
passée de 4,5 % de croissance annuelle entre 1990-2000 et a doublé, passant à
8,5 % entre 2000-2008 [8]. La crise financière de 2008 devrait empêcher ce
chiffre d'augmenter. Mais, la réalité est que ce sont les interventions
importantes de la Chine, accessoirement de l'Inde, de certains pays pétrolier du
Golfe qui ont permis un tel progrès. La part des Africains dans l'infrastructure
reste modeste. Paradoxalement, cela n'a pas favorisé le développement des
exportations africaines mais plutôt celui des importations africaines. C'est
ainsi que l'Afrique subsaharienne a vu la croissance annuelle de ses
exportations baisser, passant de 5,0 % 1990-2000 à 4,3 % entre 2000-2008, alors
que les importations africaines ont augmenté passant de 6 % entre 1990-2000 à
8,7 % entre 2000-2008 [9].
53,7 % de la part totale des importations de l'Afrique
subsaharienne proviennent principalement des pays industriels riches en 2008
[10]. C'est comme si les infrastructures africaines servent à plus importer des
biens, ce qui signifie que les dirigeants n'ont rien compris à l'économie et à
la création d'emplois, car c'est en transformant localement que l'on développe
les capacités productives, ce qui permet la création d'emplois décents.
Mais mieux, c'est aussi le volontarisme politique des
dirigeants qui peut faciliter l'amélioration institutionnel et légal de
l'environnement des affaires, ce qui permet à terme de dégager des marges
commerciales, c'est à dire d'importer moins, de produire plus, de créer plus
d'emplois dans la proximité et donc d'exporter plus. C'est ce que fait la Chine.
L'Afrique subsaharienne fait tout le contraire en continuant à exporter des
matières premières non transformées en échange de biens manufacturiers. Ainsi,
l'Afrique subsaharienne joue contre l'épargne des Africains et est mal placée
alors pour réaliser des investissements dans l'infrastructure sans recourir
substantiellement à l'emprunt. Ce système de rendement décroissant ne fait que
générer à terme de nouvelles formes de pauvreté budgétaire, réduisant d'autant
la capacité décisionnelle de l'Etat africain, et bien sûr augmente sa dépendance
vis-à-vis des sociétés qui réalisent l'infrastructure en question.
6. Mauvaise gouvernance et infrastructure en Afrique : impunité ?
Le vrai problème économique que cela pose est de savoir s'il
convient de s'endetter pour réaliser les infrastructures en Afrique ? Ne faut-il
pas peut-être retrouver la capacité endogène africaine de dégager de l'épargne
notamment au niveau de l'Etat africain et de la recycler dans les
infrastructures ?
Comment est-ce que des pays comme le Mozambique, premier
fournisseur mondial en aluminium, la Côte d'ivoire avec son café (premier
mondial) et son cacao (deuxième mondial), ainsi que bien d'autres pays comme le
Congo Démocratique, l'Algérie, le Nigéria, etc. ne peuvent-ils pas s'engager
dans de vrais projets d'infrastructures régionaux sans attendre les pays voisins
qui ne bénéficient pas des mêmes marges budgétaires ? Bref, c'est bien de
solidarité effective africaine dont il est question. Avec le niveau hors pair
atteint par la corruption dans ces pays, c'est donc bien l'incapacité ou le
refus des dirigeants africains d'organiser et de défendre une capacité endogène
d'épargne et d'investissement qui pose problème. Le vrai problème de la
faiblesse de l'infrastructure en Afrique relève d'abord d'un problème de
gouvernance, de corruption et de mauvaise allocation des ressources.
Dans un tel contexte, aller chercher des ressources
génératrices d'endettement pour des infrastructures où plus de 50 % de l'argent
investi repart dans la corruption n'est pas acceptable et donc pas
recommandable. Les structures financières qui se contentent de proposer aux pays
africains de s'endetter, et au passage se touchent de très confortables
commissions et frais d'engagements, ne peuvent servir de conseils aux pays
africains. Il ne s'agit pas d'aller chercher 31 milliards pour s'endetter mais
bien de revoir son système de financement des infrastructures en Afrique en
cherchant des solutions endogènes et pérennes qui freinent la dépendance du
continent tout en évitant que les projets d'infrastructure ne servent qu'à
faciliter la sortie "rapide" des richesses minérales ou autres africaines,
oubliant au passage de créer des emplois et de distribuer du pouvoir d'achat
décent.
En guise d'exemple récent, on peut citer la construction
d'une autoroute de plus de 450 km en Algérie effectuée par les entreprises
chinoises... 6 voies dont 3 voies dans chaque sens mais toute la partie qui a
été gérée localement est partie en corruption... donc pas de station d'essence,
pas d'aires de stationnement, pas d'espaces de repos, pas de toilettes, pas de
moyens de traverser l'autoroute par des ponts pour piétons, etc. Bref, ce n'est
pas une mauvaise prévision, encore moins des erreurs de l'étude de faisabilité.
C'est tout simplement que l'Etat ne fonctionne pas dans sa globalité et que des
poches de pouvoir autonome et indépendant ont mis en place un système d'impunité
permettant d'enrichir quelques particuliers et appauvrissant l'Algérie et le
Peuple algérien. Car imaginez que vous avez une panne sur cette autoroute, pas
de cabine téléphonique et personne ne s'arrête pour vous secourir ! Pire, vous
pourriez vous faire attaquer notamment s'il y a des femmes à bord...
Il ne faut donc pas devenir membre de la secte regroupant
ceux qui sont devenus des adeptes de la promotion de l'endettement de l'Afrique
dans l'infrastructure sous prétexte qu'il y a besoin d'infrastructure en
Afrique. Pourquoi les grandes institutions financières ne forment-elles pas
leurs responsables à corriger l'approche générale du "manque-à-gagner" dans les
projets d'infrastructures ? Pourquoi les Etats ne mettent pas en place et
organisent par des structures indépendantes les audits, les sanctions afin de
limiter ou tout au moins de ne plus favoriser l'impunité ? Enfin, pourquoi les
autorités africaines ne proposent-elles pas des projets qui répondent aux
besoins des populations pauvres et non des populations aisées, minoritaires par
ailleurs sur le continent ? Ce serait faire preuve d'un peu de fraternité
économique !
7. Infrastructure : libérer le pouvoir des consommateurs
Personne ne peut oublier que le pouvoir des consommateurs
africains ne peut qu'aller en s'accélérant. Ce nouveau pouvoir des consommateurs
africains signifie aussi que l'économie africaine sera tirée par la consommation
des Africains eux-mêmes. Il faudrait seulement que ces derniers comprennent
qu'en achetant systématiquement des produits non-africains, ce n'est pas comme
cela qu'ils pourront créer des emplois localement. Il y a donc besoin de
responsables éclairés qui comprennent que l'augmentation du pouvoir d'achat doit
aller de pair avec un patronat qui accepte de payer des emplois et distribuer
des salaires décents. C'est paradoxalement ce salaire distribué qui viendra
soutenir la croissance économique des pays africains et ainsi contribuer à
atteindre plus rapidement et durablement les objectifs du millénaire pour le
développement. L'Afrique sur ce plan est bien partie puisque les dépenses liées
à la consommation des ménages est en train de s'accélérer en Afrique
subsaharienne. En effet, de 3,1 % de croissance de cette dépense entre
1990-2000, le continent au sud du Sahara a déjà atteint 5,3 % entre 2000-2008
largement au dessus de la moyenne mondiale de 3,0 % [11]. La vraie contrainte
consiste à produire localement, créer des emplois dans la proximité et surtout
distribuer des salaires et un pouvoir d'achat décents. Ce niveau de consommation
devrait doubler d'ici 2050 avec une classe moyenne africaine qui devrait
constituer le moteur économique du continent. La crise financière de 2008 n'a eu
qu'un impact minimal sur l'augmentation de la consommation des ménages africains
[12], ce qui cache l'augmentation de la misère abjecte dans les banlieues de
ville et dans certaines zones rurales où les pluies ne viennent pas comme
prévues.
Il importe de s'assurer que les politiques de renforcement de
l'infrastructure en Afrique ne conduisent pas à promouvoir ce que les
économistes appellent les rendements décroissants en Afrique. C'est à dire qu'au
lieu de servir de levier ou catalyseur de croissance économique,
l'infrastructure devient une charge pour les budgets des Etats africains
justement à cause d'un endettement mal structuré et un transfert de risque du
secteur privé vers l'Etat. L'absence de provision pour la maintenance des
infrastructures, les charges récurrentes que cela pose au budget des Etats, la
réalisation d'infrastructure dont les coûts induits non "rentables" pour la
majorité des populations, le choix de la facilité consistant à recourir
systématiquement au crédit plutôt que de recycler intelligemment les recettes
tirées des matières premières sont autant d'erreurs internes aux responsables
africains et qui constituent au fil du temps des gouffres financiers et
accentuent l'endettement d'un pays.
8. S'organiser pour réussir les Partenariats publics publiés (PPP)
Les approches de partenariat public-privé (PPP) ne sont
intéressantes que lorsque l'Etat ne se défausse pas sur le privé en croyant se
dessaisir de son risque et de sa responsabilité. Le secteur privé,
essentiellement international dans ce dossier, ne doit pas s'illusionner en
croyant faire de bonnes affaires en misant uniquement sur la
déresponsabilisation des responsables de l'Etat qui parfois signent des contrats
de réalisation d'infrastructures en Afrique en offrant des garanties et
contre-garanties par l'Etat, faisant de l'Etat africain en cas de défaillance
dans le projet, un payeur en dernier ressort. Ce quiproquo dans le PPP doit être
arrêté si l'infrastructure doit servir de levier.
Les projets doivent pouvoir s'analyser d'abord comme des
contributions à long terme à la productivité totale d'un pays. Seule la
transparence et la vérité des comptes publics permettent cela. Mais qui souhaite
véritablement la transparence dans les comptes publics en Afrique ? On peut les
compter sur les cinq doigts de la main aujourd'hui. Mais il y en a !
Par ailleurs, il existe des compétences africaines en matière
de réalisation d'infrastructures. Si en partenariat sud-sud, des approches
triangulaires se mettent en place, il va de soi que les réalisations de qualité
ne devraient pas tarder à émerger partout en Afrique. Ce partenariat avec les
pays émergents doit être privilégié car après 50 ans avec les pays
industrialisés du nord, l'Afrique doit malheureusement conclure que ces derniers
n'ont pas fait grand chose non sans avoir organisé de nombreux séminaires,
symposiums et conférences sur le sujet. Avec des financements des pays du golfe
arabique, avec la Libye, maintenant la Chine, la Russie, le Brésil, l'Inde et
même l'Afrique du sud, les outils d'organisation de la montée en phase des
infrastructures africaines sont en place.
Il suffit d'avoir des acteurs africains qui offrent une
véritable volonté non hypocrite et s'inscrivent dans une logique non alimentaire
des projets de développement. Les secteurs émergents dans l'infrastructure où
les investisseurs étrangers pourraient apporter leur contribution sans que
l'Afrique ne perde le contrôle de sa souveraineté sont une combinaison entre le
transport, la logistique, l'eau/irrigation, l'énergie en continu, la route et le
fret rail, l'accès facilité et moins cher à l'internet et la téléphonie
collective. Cela ne peut se résoudre autour de 31 milliards par an mais bien
autour 60-100 milliards avec de nombreux projets d'infrastructures de proximité
en sous-traitance pour les acteurs locaux.
Les services financiers d'accompagnement devraient aussi
suivre à tous les niveaux tels que la microfinance, le financement de la
consommation, les services de logistiques financières comme l'affacturage de
proximité, les crédits collectifs pour des réalisations d'infrastructures de
proximité, etc. On ne peut donc qu'accueillir favorablement les efforts de
développement de fonds d'investissement pour les infrastructures tels que le
Rising Africa Infrastructure Fund (RAIF) doté d'un capital de 500 millions de
dollars avec une participation de la BAD de 25 millions de $US [13].
Mais rien ne sera possible sans un environnement politique
stable avec des responsables légitimes élus démocratiquement et un environnement
prévisible des affaires, une séparation des pouvoirs et un système judiciaire
efficace et impartial. C'est cela qui fera prospérer le secteur privé productif,
et par contagion l'Afrique et sa population. Le financement des infrastructures
ne servira plus pour enrichir certains irresponsables déresponsabilisés à la
cause de l'Afrique. Par ricochets, ce financement, alliant ressources internes
et externes, offrira enfin à l'Afrique l'effet de levier tant attendu fondant la
base d'une nouvelle accumulation de rendement croissant au sein d'une Afrique
émergente.
Dr Yves Ekoué Amaïzo
Directeur du groupe de réflexion, d'action et d'influence Afrology
Commentaires offerts lors d'une interview radiophonique avec Africa numéro 1
21 septembre 2010
© www.amaizo.info et www.afrology.com
Internet: www.afrology.com
1. INTERVIEW RADIOPHONIQUE (Postcast/enregistrement audio
: non disponible).
Emission : Les matins d'Eugénie
Date : Jeudi 16 septembre 2010, 11h30 - 11h55.
Thème : Les infrastructures en Afrique et leur financement.
Journaliste : Eugénie Diecky, Journaliste Africa numéro 1.
Invité : Mr. Charles Bambara, Journaliste spécialise de la finance africaine
auprès "Les Afriques", qui fait un compte rendu de propositions africaines sur
la question : voir <http://www.lesafriques.com/focus/infrastructures-l-afrique-cherche-31-milliards-de-dollars-p-3.html?Itemid=308>
Invité : Dr Yves Ekoué Amaïzo, Directeur du Think Tank Afrology
(Commentaires écrits ci-dessus)
2. World Bank, WBI 2010, p. 369.
3. Financial Times, "Into Africa", Questions and Answers, in FT
online, 7 juillet 2010 ; Invité : Hisham El-Khazindar, PDG de Citadel Capital,
la société d'investissement en capital le plus importante en Afrique avec 19
Fonds d'investissements de plus de 8,3 milliards de $US ; voir
<http://www.ft.com/cms/s/0/7f13bb62-88f4-11df-8925-00144feab49a.html> accédé 21
septembre 2010.
4. Voir Mr. Charles Bambara, "L'Afrique cherche 31 milliards de
dollars", in "Les Afriques", voir <http://www.lesafriques.com/focus/infrastructures-l-afrique-cherche-31-milliards-de-dollars-p-3.html?Itemid=308>
5. Joseph Ki-Zerbo, La natte des autres, Actes de Colloque,
Bamako 1989, in CODESRIA et Centre de recherche pour le développement endogène,
Karthala, Paris, 1989, 494 pages.
6. World Bank, WDI 2010, p. 260.
7. World Bank, op. cit., p. 369.
8. Ibid, p. 260.
9. Ibid, p.260.
10. Cette part était de 71,8 % en 1998, Ibid, p. 369.
11. Ibid, p. 260.
12. Yves Ekoué Amaïzo, Crise financière mondiale : Réponse
alternative de l’Afrique, collection « interdépendance africaine », éditions
Menaibuc, Paris, 2010, 204 pages, 15 euros (www.fnac.com) et Librairie Edilac/Menaibuc,
18 rue Armand Carrel, 75009, Paris (métro Laumière) ; tel: 0033 142 63 62 88 -
fax : +33 1 42 63 62 88 - Email :
espacemenaibuc@gmail.com.
13. Africa Investor, "New approaches rise up", in
Africa-investor.com, 1er mars 2009, voir :
<http://www.africa-investor.com/article.asp?id=4674>, accédé 21 septembre 2010
ainsi que Louis S Amédé, "La BAD et NATIXIS lancent un fonds pour le PPP", in
Les Afriques, 23 août 2008, voir :
<http://www.lesafriques.com/actualite/la-bad-et-natixis-lancent-un-fonds-pour-le-ppp.html?Itemid=89>
;
Les ressources de ce fonds viendront seront offerts comme des fonds propres et
quasi-fonds propres dans de nouveaux projets d'infrastructures dans les secteurs
tels que : le transport, l’énergie, l’eau et l’assainissement, les technologies
de l’information et de la communication, la santé, l’éducation, les sports et
loisirs. Le fonds ciblera principalement l’Afrique du Nord, l’Afrique centrale
et l’Afrique de l’Ouest. Il sera géré par Natixis Environnement &
Infrastructures (NEI), filiale de la banque d’investissement française Natixis,
qui pourrait éventuellement s’appuyer sur des relais sous-régionaux pour une
plus grande efficacité de ses interventions et devrait permettre des transferts
de compétences en matière de structuration et de gestion des projets dans les
pays choisis.
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Ekoué Amaïzo
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