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Rapport de la
réunion des experts indépendants sur les institutions financières
En dépit des contraintes, les experts ont souligné la
nécessité de créer la Banque africaine d’investissement (BAI) en vue de relever
les défis de l’intégration économique africaine. Sa mise en œuvre devrait être
basée en particulier sur le partenariat entre les secteurs public et privé.
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SOMMAIRE
Les experts ont reconnu la nécessité de créer le Fonds monétaire
africain (FMA) dont le rôle sera d’aider les États membres à combler
le déficit de la balance des paiements, de promouvoir la coopération
monétaire et d’assurer la discipline et le contrôle financier.
Les experts ont également reconnu la nécessité de créer au moment
opportun, la Banque centrale africaine (BCA) dont le rôle sera de
promouvoir la croissance économique dans le contexte de la stabilité
des prix. Ils ont également suggéré que la BCA sera le point
culminant de ce processus étant donné que sa mise en place se fera
au fur et à mesure de la création des banques centrales. La réunion
a souligné la nécessité de procéder tout d’abord à la création de la
BAI en vue d’accélérer l’intégration économique avant de créer les
deux autres institutions. En ce qui concerne la mise en place de la
BCA, les experts ont proposé que des leçons soient tirées des
expériences des banques centrales qui ont réussi, telles que celles
de certains pays africains et des Caraïbes.
En ce qui concerne les perspectives d’avenir, la Commission de l’UA
a examiné avec les experts la proposition visant la mise en place de
comités directeurs techniques pour chacune des trois institutions
financières. Les experts ont accueilli avec satisfaction ces
propositions et ont vivement recommandé leur mise en œuvre.
Toutefois, dans un souci d’efficacité, ils ont suggéré que cette
mise en œuvre se déroule en deux phases :
- La première phase ou phase préparatoire sera concentrée sur les
activités suivantes :
- étude de faisabilité
- élaboration de protocoles
- d’autres activités telles que les ateliers, les consultations avec les
partenaires et les parties intéressées etc.
Les experts ont proposé que cette phase préparatoire soit conduite au siège de
l’Union africaine sous la supervision du Département des Affaires économiques.
- La seconde phase ou phase de mise en œuvre sera axée sur la mise
en place effective et le démarrage du fonctionnement des institutions. Les
experts ont proposé que cette phase se déroule au sein des institutions
respectives.
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I. INTRODUCTION
1. Dans le cadre de la mise en œuvre de l’Article 19 de l’Acte constitutif de
l’Union africaine (UA) portant création des institutions financières (Banque
africaine d’investissement, Fonds monétaire international et Banque centrale
africaine), la Commission de l’Union africaine a convoqué une réunion d‘experts
indépendants à Addis-Abeba (Ethiopie), du 19 au 20 septembre 2005, en vue
d’examiner les documents conceptuels et les projets de protocole préparés par la
Commission, relatifs aux trois institutions. Veuillez trouver ci-joint, la liste
des participants.
A) Ouverture
2. Le Directeur des Affaires économiques a procédé, au nom du Président de la
Commission de l’UA, à l’ouverture de la réunion, et a mis en exergue l’objet de
la réunion, notamment, donner des conseils sur les modalités pratiques de
fonctionnement des trois institutions financières. Il a mentionné les défis
auxquels est confronté le continent tels que le manque chronique de ressources
financières pour le développement de l’Afrique, le fardeau de la dette
africaine, la nécessité de renforcer les systèmes bancaires africains etc. Il a
conclu en invitant les experts à conseiller l’UA sur la meilleure manière de
créer les conditions d’un lancement effectif des trois institutions financières
conformément à l’Article 19 de l’Acte constitutif de l’UA.
B) Élection des membres de la direction
3. Suite aux consultations, les experts ci-après ont été sélectionnés pour
conduire les travaux de la réunion :
- Président : Dr. Yves Ekoué Amaïzo,
Coordinateur des questions stratégiques de l’Afrique - ONUDI
- Rapporteurs :
1. Dr. Cherif Salif Sy, V/Président, Business Council, Afrique-Asie
2. Mme Amoussou Félicité, Ancienne Banquière
3. M. Admassu Tadesse, Chef de la Stratégie de l’Entreprise à la DBSA.
4. Dans son discours d’acceptation de l’investiture, le Président a mis en
exergue les questions cruciales ci-après : faciliter l’accès au crédit en vue
d’augmenter le pouvoir d’achat des populations africaines et leur participation
aux efforts de développement, y compris une plus grande participation de la
société civile, en particulier le secteur privé, la réalisation des OMD, la
création de réseaux d’institutions financières, le fait d’éviter la répétition
d’activités identiques par plusieurs organisations, et la mise en place des
conditions propices à la réalisation des objectifs de l’UA et du NEPAD.
C) Adoption de l’ordre du jour
5. La réunion a adopté l’ordre du jour ci-joint.
6. Suite à l’adoption de l’ordre du jour, les discussions ont porté
respectivement sur les trois institutions.
II. LA BANQUE AFRICAINE D’INVESTISSEMENT (AIB)
A) Exposé présenté par la Commission de l’Union africaine (CUA) : Note
conceptuelle sur la création de la BAI et projet de protocole
7. Ce document met en exergue les conditions socio-économiques difficiles
auxquelles le continent doit faire face et qui entravent la réalisation des
objectifs du millénaire pour le développement (OMD) fixés par les Nations unies
pour 2015 et qui empêchent l’Afrique de saisir les occasions offertes par la
mondialisation. Plusieurs pays africains ont élaboré et mis en oeuvre des
politiques de développement nationales avec l’aide des institutions financières
bilatérales et multinationales. Malheureusement, ces politiques ne leur ont pas
permis de procéder à un démarrage économique compte tenu de leur incapacité à
créer un environnement favorable au développement du secteur privé et à
l’accélération du processus d’intégration économique en Afrique. Basée sur
l’expérience des pays asiatiques, la mise en œuvre de politiques financières et
structurelles efficaces dans un environnement caractérisé par la transparence et
la mise en œuvre des pratiques de bonne gouvernance sera essentielle à
l’accélération de l’intégration régionale au renforcement du secteur privé et à
la modernisation des activités économiques en milieu rural grâce à des
politiques appropriées.
8. En ce qui concerne les politiques financières, il est de plus en plus
évident, de par le monde, que la fourniture de services financiers aux ménages,
aux entreprises privées et publiques ainsi qu’aux gouvernements contribue
grandement à l’accélération de la croissance mondiale et à la réduction de la
pauvreté.
9. L’UA devrait agir sur deux fronts, en vue d’augmenter le volume du crédit
bancaire. Tout d’abord, l’UA devrait lancer un appel aux pays africains afin
qu’ils poursuivent leurs efforts visant à promouvoir l’efficacité des systèmes
financiers existants. Ensuite, l’UA devrait diriger la création des nouvelles
institutions financières au niveau continental, afin d’attirer les ressources
extérieures, de mobiliser l’épargne intérieure (en partie en mettant en place
des marchés financiers), et d’attribuer avec efficacité les fonds à investir.
Dans ce contexte, la création de la BAI viendra renforcer la capacité de
l’Afrique à faire face aux défis socio-économiques.
10. La BAI jouera le rôle d’intermédiaire entre les émetteurs de valeurs et les
acheteurs ultimes de valeurs. Elle conseillera les gouvernements et les
établissements financiers sur la manière de réunir des capitaux pour leurs
investissements. A terme, la BAI comblera l’écart financier qui existe dans les
domaines prioritaires définis par l’Union africaine dans son plan stratégique à
moyen terme en vue de réaliser les objectifs de la croissance économique, de
réduire la pauvreté, de promouvoir le statut des femmes, d’appuyer le
développement humain (éducation et santé) et de protéger l’environnement dans
les pays africains, notamment dans les zones rurales.
11. La BAI financera également des projets d’investissement visant à accélérer
l’intégration économique et physique des pays africains. Ces projets porteront
sur le développement des : (1) infrastructures de transport (routes et
autoroutes nationales et internationales, ports, aéroports, pipelines ; (2)
sources d’énergie, y compris l’exploitation du pétrole ; et (3) les
télécommunications. La BAI fournira également son appui au développement du
secteur privé et permettra aux économies africaines d’être plus complémentaires
en vue de promouvoir le commerce intra-régional.
12. Pour terminer, elle coordonnera, dans la mesure du possible, ses actions
auprès des organisations publiques bilatérales et multilatérales ainsi qu’auprès
des organismes nationaux, qu’ils soient publics ou privés, qui financent
l’investissement en Afrique.
13. En plus de la tâche assignée, le document porte également sur l’adhésion, la
gestion et la structure, la coopération avec les autres institutions et
partenaires et fait des recommandations sur les activités de suivi.
B) Exposé présenté par la Banque africaine de Développement : Politique de la
BAD sur le financement des projets d’intégration régionale (par exemple projets
d’infrastructures multinationales, secteur privé et octroi de garanties)
14. Aux termes des statuts, la BAD est chargée de promouvoir l’intégration des
pays africains aux niveaux individuel et collectif. Depuis sa création, la BAD a
financé des études d’investissement multinational, et le renforcement des
capacités des institutions continentales et sous-régionales.
15. La BAD a adopté, en 1999, une Vision qui comprenait le renforcement de la
coopération économique, de l’intégration régionale et la facilitation de
l’intégration africaine dans l’économie mondiale ainsi que la mise en place d’un
environnement propice au secteur privé en tant que moteur de croissance.
16. Par ailleurs, l’exposé a mis en exergue les principaux principes directeurs
de la politique de la BAD, ainsi que sa stratégie d’intégration, y compris la
promotion de la croissance régionale et la réduction de la pauvreté, l’appui au
programme UA/NEPAD ; l’affectation de crédits du FAD aux opérations
multinationales.
17. La banque a sélectionné d’autres partenaires et a axé ses actions sur une
collaboration avec ces derniers en vue de promouvoir un environnement propice à
l’intégration grâce aux activités du secteur privé, à la libéralisation du
commerce et à l’harmonisation des politiques.
18. Par ailleurs, l’exposé a mis en exergue les efforts effectués en vue de
renforcer l’efficacité de certaines ressources régionales communes grâce aux
investissements/études tels que le projet « Énergie » de Manantali (OMVS), le
projet de gestion intégrée de la peste pour les cultures de subsistance dans le
Bassin du Lac Tchad, le système de gestion des informations sur l’environnement
régional dans le bassin du Congo, ainsi que les études sur la transmission de
l’énergie électrique effectuées par l’OMVG. L’exposé a également porté sur
l’appui de la banque aux initiatives/programmes continentaux tels que le NEPAD/APRM,
les installations hydrauliques africaines, les mesures sanitaires et l’appui aux
initiatives régionales de renforcement des capacités (SADEC, COMESA, CEMAC).
L’exposé a également mis en exergue les entraves à la mise en œuvre des
programmes régionaux qui feront l’objet des discussions.
C) Exposé présenté par la Banque européenne d’investissement (BEI) : Politique
de la BEI en matière de financement du développement du secteur privé en Afrique
et dans d’autres régions du monde
19. La Banque européenne d’investissement (BEI) est la plus ancienne institution
de crédit de l’Union européenne (UE). C’est un organisme à orientation
prédéterminée créé en 1958 aux termes du Traité de Rome en vue de financer
l’investissement des capitaux pour la promotion de l’intégration européenne.
Elle dispose d’un capital souscrit de 163,7 milliards d’Euros. Ses actionnaires
sont les 25 Etats membres de l’UE.
20. Alors que l’essentiel des ses activités est axé sur les projets des États
membres de l’UE, la Banque fournit également un appui à la mise en oeuvre des
politiques de coopération extérieure et de développement de l’UE. En dehors de
l’UE, les activités de crédit de la banque sont effectuées selon des mandats
spécifiques attribués par l’UE. Actuellement, la BEI opère dans les pays ACP
(Afrique, Caraïbes et Pacifique) et dans les pays et territoires d’Outre-mer
(PTOM) en application du programme d’aide financière stipulé dans l’accord de
partenariat de Cotonou signé entre les Etats ACP et l’UE le 23 juin 2000 et de
la décision du Conseil des PTOM du 27 novembre 2001. Suite à ces accords, la BEI
gère la facilité d’investissement de 2,037 millions d’Euros et les ressources de
la BEI (1,700 millions d’Euros).
21. Les ressources de la FI et celles de la BEI sont allouées au financement à
long terme des entreprises privées. Le secteur privé étant donc la principale
source de croissance économique, le développement ne peut être axé uniquement
sur la planification gouvernementale, il requiert l’initiative et la concurrence
des entreprises privées. L’investissement dans le secteur privé joue un rôle
crucial dans la promotion des perspectives de croissance économique à long terme
et dans la réduction de la pauvreté, objectif principal de la coopération ACP-UE.
22. En plus de l’appui fourni au secteur privé, la banque soutient également les
investissements du secteur public justifiés sur le plan commercial et qui sont
essentiels au secteur privé et au développement économique en général, et qui
seront investis dans le domaine de l’énergie électrique, des communications et
l’adduction d’eau.
23. La FI fonctionne comme un « fonds renouvelable » avec participation aux
risques dont les bénéfices sont réinvestis dans de nouveaux projets dans les
pays ACP. Sa viabilité financière est appuyée par la mise en oeuvre de
l’évaluation des risques, aux termes de laquelle tout risque de crédit pris est
évalué en conséquence ainsi que par une sélection consciencieuse des projets.
24. La FI fournit, si possible, des devises étrangères et locales dont le taux
reflète les conditions du marché. Plusieurs instruments peuvent être utilisés à
savoir des prêts à échanges simples, des financements secondaires, des
quasi-fonds propres etc. (prêts avec participation, emprunts subordonnés et
conditionnels, remboursements liés à la performance etc.), ainsi que les
obligations convertibles et les capitaux de participation proprement dits. La FI
peut également être utilisée pour fournir des garanties pour les prêts ou les
émissions d’obligations. La BEI qui accorde des prêts à hauteur de 50% des coûts
des projets (30% en moyenne), vise à jouer un rôle de catalyseur en mobilisant
les ressources locales et en encourageant les autres financiers à participer à
ses activités.
25. Au 30 juin 2005 (c’est-à-dire après deux ans d’opérations avec la FI) le
montant total des approbations s’élevait à 888 millions d’Euros, dont 595
millions de signatures de 159 millions d’Euros de décaissements. Les projets en
attente se montent à 2000 millions d’Euros (montant plus élevé que celui du
fonds de la facilité d’investissement (FI)).
D) Exposé présenté par la Banque Mondiale/Société Financière Internationale
(SFI) : Politique de la Banque mondiale en matière de Financement des projets
multilatéraux, de développement du secteur privé et de la modernisation du
développement rural
26. Au début du mois de septembre 2005, la Banque mondiale avait adopté un
nouveau Plan d’action africain axé sur les résultats visant à soutenir les
efforts des États africains en matière de croissance économique, de réduction de
la pauvreté et de réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement
(OMD), en collaboration avec d’autres partenaires en développement. Le Plan
d’action comporte quatre principaux thèmes : la création d’États autonomes, la
promotion de la bonne gouvernance, l’appui aux promoteurs de la croissance, la
participation à la croissance et le partage des bénéfices de cette dernière
ainsi que le renforcement des partenariats.
27. Le thème « Appui aux promoteurs de la croissance » aborde les questions
relatives au financement des projets multilatéraux au développement du secteur
privé et à la modernisation du secteur rural. Les actions spécifiques que la
banque prendra au cours des trois prochaines années aux termes du Plan d’action
pour résoudre ces questions sont les suivantes :
- Augmenter considérablement le financement du développement de
l’infrastructure en Afrique subsaharienne ; de 1,8 milliards pour l’exercice
financier 2006 à 2,4 milliards pour l’exercice 2008.
- Faire partie
du Consortium africain de l’Infrastructure en vue de mobiliser l’appui
supplémentaire des donateurs pour les projets d’infrastructure, une augmentation
d’environ 2,5 milliards pour l’exercice financier 2008.
- Faciliter
la participation du secteur public/privé au développement des infrastructures
telles que l’énergie électrique, le transport et le développement des ressources
hydrauliques.
- Élargir les activités du Groupe de la Banque
mondiale, « Africa Micro », l’initiative petites et moyennes entreprises à huit
pays pour l’exercice financier 2007, avec un accent particulier sur les
capacités d’accès au crédit des entreprises appartenant à des femmes.
-
Travailler en collaboration avec les conseils des investisseurs en vue
d’élaborer des programmes concrets visant l’élimination des principales entraves
à l’investissement privé.
- Augmenter l’investissement matériel,
notamment dans le domaine de l’irrigation, de la gestion des ressources
hydrauliques, de l’infrastructure et des routes rurales, et accroître les
prestations de services dans les zones rurales dans les secteurs de
l’agriculture et autres tels que la santé et l’éducation.
- Augmenter
la productivité agricole grâce à l’utilisation de pratiques agricoles plus
perfectionnées.
- Renforcer l’appui aux agriculteurs ainsi que les
activités agricoles grâce à un meilleur accès aux marchés et à un financement en
milieu rural.
- Mobiliser les programmes à l’échelle mondiale, tels
que le Groupe consultatif pour la Recherche agricole internationale (GCRAI), en
vue d’élargir les investissements à la science et aux technologies agricoles et
de renforcer les systèmes nationaux dans le domaine agricole.
-
Augmenter le financement public-privé en vue d’accroître de 50% les cultures
irriguées entre 2005 et 2008.
E) Exposé présenté par la Banque de Développement d’Afrique
australe (DBSA) : Partenariat entre le gouvernement et le secteur privé en
matière de financement des projets multinationaux d’infrastructure
28. Le mandat élargi de la DBSA (ci-après désigné par « Banque ») aux termes de
l’Acte de la DBSA, de 1997 (Acte 13 de 1997) vise à promouvoir le développement
et la croissance économique, le développement des ressources humaines et le
renforcement des capacités institutionnelles. La Banque avait été créée en 1983
et avait démarré ses opérations dans la région. Par la suite, elle avait été
restructurée après 1994, et transformée en un nouveau système basé en Afrique du
Sud, après que les gouvernements de la Communauté pour le Développement de
l’Afrique australe (SADC) aient demandé que la DBSA joue un plus grand rôle en
matière de développement bancaire dans la sous-région.
29. La Banque vise à mobiliser les ressources financières mais également les
connaissances aux niveaux national et international ainsi qu’au niveau des
secteurs public et privé, pour des projets et programmes de développement
durable. Cela se traduit par le triple rôle de financier, de conseiller et de
partenaire que joue la banque. La banque opère en Afrique australe en ce qui
concerne ses activités de financement direct et d’investissement. En ce qui
concerne les activités de Conseil et de partenariat, son champ d’application
géographique est plus élargi et s’étend à toute l’Afrique subsaharienne en vue
de réaliser les engagements stratégiques du NEPAD.
30. La banque met un accent particulier sur le développement de
l’infrastructure, tous secteurs confondus, et couvre toutes les sphères
économiques, sociales et institutionnelles. Elle cherche également à faciliter
l’investissement dans le secteur privé et l’engagement dans les projets
d’infrastructure, grâce aux opérations de cofinancement, aux partenariats
publics-privés et aux marchés publics.
31. Au sein de la SADC, l’investissement régional est axé sur les projets
économiquement viables et les programmes qui peuvent absorber les conditions du
marché. Les domaines spécifiques que couvrent les avoirs en portefeuille et le
champ d’application de la Banque dans la région sont les suivants :
- Sources d’énergie et énergie électrique (y compris pétrole et gaz)
;
- Mines ;
- Systèmes de transport ;
- Négoce
agricole ;
- Barrages et réseaux d’adduction d’eau liés à une
utilisation commerciale ;
- Télécommunications et TIC ;
-
Activités de développement des marchés financiers locaux par des lignes de
crédit aux institutions financières et des émissions d’obligations pour le
financement des infrastructures et d’autres domaines de croissance économique ;
et
- Projets de promotion de l’intégration économique régionale ;
32. A l’extérieur de la région SADC, la banque joue un rôle
de conseiller et de partenaire. Le partenariat avec l’Agence française de
développement (AFD) avec laquelle elle a mis en place une facilité pour la
préparation de projets de 25 millions de Rands, en appui aux projets du NEPAD en
est un exemple. L’importance des partenariats à l’échelle sous-régionale et
continentale a été reconnue par la création d’une Unité pour le Partenariat
Africain (APU) qui a des contacts quotidiens avec le Secrétariat du NEPAD, et
qui poursuit des activités de conseil et de services d’assistance juridique.
33. Au 31 mars 2004, le capital et les réserves de la DBSA s’élevaient à 11,1
milliards de Rands. Les ressources financières de la Banque sont constituées des
contributions au capital social par le Gouvernement sud-africain, des emprunts
directs sur les marchés financiers, des remboursements de prêts, et des fonds
internes. Elle a établi des lignes de crédit auprès d’institutions
internationales renommées et côtées telles que la Banque africaine de
développement et la Banque européenne d’investissement. Elle réunit également
des fonds auprès des sources bilatérales telles que le German Kreditanstalt für
Wiederaufbau, le Japanese Overseas Economic Co-operation Fund, et l’Agence
Française de Développement. La DBSA a également signé des accords avec plusieurs
organismes de développement tels que le Prototype Carbon Fund de la Banque
Mondiale en vue de gérer les fonds en leur nom.
34. Le Comité directeur dirige et surveille les opérations de la Banque grâce à
plusieurs comités mis en place en vue de traiter de la gestion financière et des
risques, du contrôle ; de la stratégie de recherche ; de l’élargissement des
crédits et des pratiques en matière d’emploi – y compris de l’équité en matière
d’emploi et des politiques de rémunération. Les comités, mis en place sont les
suivants : le Comité d’Audit et des Finances, le Comité de crédit, le Comité de
stratégie de recherche, et le Comité de rémunération.
F) Discussions
35. Suite à la présentation des exposés, les débats ont porté sur les questions
ci-dessous ; et des recommandations appropriées ont été faites.
36. Après de longues discussions, les experts ont soulevé les questions
suivantes :
i) Est-il opportun de créer la BAI alors que des institutions semblables
existent sur le continent ? A savoir la BAD et les banques régionales
d’investissement et les institutions financières. Quelles seront leurs relations
? A cet égard, la création de la BAI a été recommandée en vue de combler l’écart
financier non couvert par les institutions financières existantes. Toutefois,
les experts ont constaté que certains objectifs assignés à la BAI, tels que la
croissance économique, la réduction de la pauvreté et le développement humain
étaient déjà gérés par la BAD. Par conséquent, ces objectifs devraient être
examinés en vue d’éviter le chevauchement des tâches.
ii) Quelle orientation sera donnée à la BAI ? Sera-t-elle une banque orientée
vers la croissance ou vers le développement social. Les experts ont proposé que
la BAI soit axée sur la promotion du secteur privé, le financement de projets
économiques viables et la mobilisation des ressources financières en vue du
développement socio-économique.
iii) Quel rôle les gouvernements seront-ils appelés à jouer dans le
fonctionnement de la BAI, si l’on tient compte du fait que les Etats africains
n’ont pas réussi à maintenir des institutions financières et de développement
solides. Les experts ont souhaité que l’engagement des gouvernements soit
orienté vers les fonctions de contrôle et de réglementation et que la BAI soit
une joint venture entre gouvernements, entreprises publiques et secteur privé,
dont les actions seront déterminées conjointement.
iv) Comment créer les conditions d’un développement durable de la BAI par le
financement des projets économiquement viables ? En vue d’assurer la viabilité,
la vitalité, l’innovation et la responsabilité, il a été proposé que les actions
soient divisées équitablement entre les gouvernements et le secteur privé.
v) Quel accès la BAI aura-t-elle sur le marché financier international en vue de
mobiliser les ressources financières adéquates afin de pouvoir gérer les
emprunts ainsi que les subventions, y compris les fonds spéciaux ?
vi) Comment élaborer de nouveaux projets pour les garanties des investissements
tels que l’AMGI afin de réduire les facteurs de risques ?
vii) Quel sera le rôle du secteur privé africain, des individus et de la
diaspora dans le fonctionnement et l’exploitation de la BAI ?
G) Recommandations
En dépit des contraintes, les experts ont souligné la nécessité de créer la BAI
en vue de relever les défis de l’intégration économique africaine
37. En conséquence, les recommandations suivantes ont été faites :
• Mission de la BAI
i) Mobiliser les ressources financières en vue de l’intégration économique et du
développement ;
ii) Promouvoir l’investissement dans le domaine de l’infrastructure ;
iii) Promouvoir le secteur privé en vue du développement économique ;
iv) Promouvoir le développement des marchés financiers nationaux/régionaux ainsi
que des systèmes financiers, y compris les systèmes de micro-finance en vue de
faciliter l’accès au crédit à toutes les catégories de la société, y compris le
secteur informel et ;
v) Fournir un financement spécial à la promotion du commerce intra-régional.
38. Les experts ont, par ailleurs, recommandé l’examen et l’adoption de la note
conceptuelle et du projet de protocole conformément aux recommandations
sus-mentionnées.
39. Ils ont également suggéré qu’une définition précise des principaux
partenaires et de leurs actions respectives dans la BAI devrait être donnée. A
cet égard, il était nécessaire d’inclure les entreprises publiques et privées
dans la bonne marche de la BAI.
• Sources de financement
40. Suite aux discussions sur cette question, les recommandations suivantes ont
été faites :
i) La BAI devrait être financée par les contributions des Etats membres, du
secteur privé et de la Diaspora ainsi que par les capitaux étrangers avec un
montant maximum qui sera convenu ;
ii) Mobiliser les fonds des institutions telles que les assurances et les fonds
de retraite, les fonds de capital-risque ainsi que les fonds spéciaux, y compris
les fonds d’affectation spéciale/les subventions ;
iii) Mobiliser les ressources des produits de base grâce à la mise en place de
fonds d’affectation spéciale ;
iv) Émettre des actions privilégiées et vendre des obligations au grand public ;
v) Faciliter le rapatriement des biens illégalement acquis détenus dans des
banques étrangères par le biais des fonds d’affectation spéciale ;
vi) Encourager les États africains et d’autres donateurs dans la mise en place
de fonds d’affectation spéciale.
• Adhésion et Gestion
41. Les experts ont fait les recommandations suivantes :
i) Les membres du Conseil d’administration devraient être nommés pour deux
mandats de 5 ans chacun ;
ii) Le secteur privé devrait être représenté au sein du Conseil d’administration
sans droit de veto ;
iii) Un comité d’audit devrait être créé en vue de promouvoir la bonne
gouvernance ;
iv) Un code éthique devrait être instauré ;
v) Les fonctions du Président du Conseil d’administration et du Président de la
banque devraient être séparées.
• Coopération et partenariat avec les autres institutions
42. Les experts ont fait les recommandations suivantes :
i) Promouvoir le co-financement avec les autres institutions financières
pertinentes pour des projets adéquats, notamment le secteur privé, si possible ;
ii) Entrer en collaboration avec les intermédiaires financiers ;
iii) Renforcer le partenariat avec les autres institutions financières
appropriées en vue de partager des informations, l’assistance technique et
d’autres activités de renforcement des capacités telles que les études de
faisabilité, l’élaboration de projets, et la préparation de plans d’affaires.
III. LE FONDS MONÉTAIRE AFRICAIN
A) Exposé présenté par la Commission de l’Union africaine (CUA) : Note
conceptuelle sur la création du FMA
43. Au cours de la présentation de la note conceptuelle, le Consultant a
souligné que l’objectif des chefs d’État et de gouvernement africains visant la
création du Fonds monétaire africain était de faciliter l’intégration des
économies africaines grâce à l’élimination des restrictions commerciales, et au
fait que le Fonds monétaire international (FMI) n’a pu résoudre les problèmes de
la balance des paiements des États africains. Il a ajouté que l’objectif
principal était de fournir une assistance financière aux États membres qui
avaient des problèmes liés à la balance des paiements. Il a indiqué que les
activités du FMA seront complémentaires à celles de la Banque centrale, y
compris la gestion des réserves internationales et ses opérations de prêts.
44. Le Consultant a également mis en exergue les objectifs du FMA, l’adhésion,
le financement et la gestion.
45. Le Consultant a déclaré que la création du FMA facilitera une coopération
plus étroite et une politique monétaire commune et contribuera à la réalisation
des opérations suivantes :
- Corriger les déséquilibres des balances des paiements des
communautés économiques régionales (CER) ;
- Aider à éliminer les
restrictions sur les remboursements courants entre États membres ;
-
Régler les remboursements courants entre États membres ;
- Coordonner
les positions des États membres sur les questions monétaires internationales ;
-
Fournir des prêts à court et à moyen terme aux États membres ;
-
Renforcer les capacités d’emprunt des États membres et des CER ;
-
Coordonner la politique monétaire ;
- Promouvoir la coopération entre
les institutions monétaires.
46. Par ailleurs, les discussions du Consultant ont porté sur
les propositions relatives aux opérations d’emprunt et à leurs modalités ainsi
que sur l’organisation et la structure du FMA tel que reflété dans la note
conceptuelle.
B) Discussions
47. L’idée de créer le Fonds monétaire africain n’est pas nouvelle. Les Etats
africains l’avaient déjà suggérée dans les années 1980, en réponse à la
frustration suscitée par le Fonds monétaire international et au mécontentement
face à l’incongruité des facilités du FMI en ce qui concerne les problèmes de la
balance des paiements des Etats africains. Les Etats africains étaient surtout
mécontents des conditionnalités du FMI, qui exigeaient des Etats membres la mise
en œuvre de programmes d’ajustement structurel, y compris de dévaluations
monétaires. Toutefois, il faut reconnaître que le FMI disposait de certaines
facilités pour aider les pays qui avaient des difficultés temporaires relatives
à la balance des paiements. Les problèmes auxquels les experts avaient alors été
confrontés sont les suivants :
i) La création du FMA ne sera possible que lorsque plusieurs Etats africains
auront des déficits des paiements courants, et que la situation générale des
paiements des engagements extérieurs sera déficitaire. (C’est-à-dire que les
excédents ne pourraient couvrir les déficits).
ii) Le FMA pourrait assurer le financement des balances des paiements
déficitaires sans exiger des ajustements monétaires de la part des Etats qui
utilisent les ressources du Fonds, notamment si les déficits de leurs comptes
courants sont structurels.
48. Toutefois, l’incidence des excédents budgétaires élevés des pays
exportateurs de pétrole pourrait permettre de résoudre le problème soulevé au
paragraphe (1) ci-dessus. Toutefois, le second problème demeure.
49. Le FMA pourrait s’inspirer de l’exemple du système monétaire européen.
Toutefois, les leçons tirées du SME nous informent sur le fait que la création
du FMA
i) Devrait permettre de promouvoir la coopération monétaire ;
ii) Devrait aider à redoubler d’efforts en vue du renforcement de l’intégration
régionale ;
iii) Devrait permettre la mise en place de mécanismes visant à assurer une
politique financière vigoureuse.
C) Recommandations
Les experts ont reconnu la nécessité de créer le FMA dont le rôle sera d’aider
les Etats à combler le déficit de la balance des paiements à promouvoir la
coopération monétaire et à assurer un contrôle et une politique financière
rigoureuse. Ils ont suggéré que le FMA se penche sur le contrôle et la politique
financière rigoureuse après la création de la Banque Centrale africaine.
44. Par conséquent, ils ont fait les recommandations suivantes :
i) Le rôle du FMA sera de :
- Fournir un appui financier à court terme en vue de corriger les
déséquilibres de la balance des paiements.
- Promouvoir la
coopération monétaire entre États membres ;
- Aider les États membres
à mettre en place une politique financière rigoureuse, un contrôle et une
réglementation des systèmes bancaires, ainsi que des mécanismes d’audit dans la
gestion des ressources budgétaires et financières ; et
- Promouvoir
le commerce intra-africain, l’investissement et le processus d’intégration
régionale.
ii) Il est probable que le FMA sera plus efficace s’il est
opérationnel au sein des zones d’union monétaires.
iii) Le FMA devrait travailler en collaboration avec différentes unions
monétaires ayant des intérêts communs en matière de déficit de la balance des
paiements et la possibilité d’avoir accès aux prêts accordés par le FMA, si
nécessaire.
iv) Le FMA devrait appuyer la collaboration monétaire entre États membres,
l’harmonisation des politiques macro-économiques grâce à un mécanisme de
contrôle et de surveillance ainsi qu’à la collaboration avec les institutions
financières étrangères y compris le FMI.
v) Les ressources du FMA proviendront, entre autres, des contributions et des
réserves des États membres.
vi) En ce qui concerne le délai, il est probable que le FMA sera créé peu après
le démarrage des opérations de la BAI, qui on l’espère aura créé un
environnement favorable à la promotion du commerce, des infrastructures et des
communications.
IV. LA BANQUE CENTRALE AFRICAINE
A) Exposé présenté par la Commission de l’Union africaine (CUA) : Questions
relatives à la création d’une Banque centrale africaine
45. Le Consultant a soulevé la question de la création d’une banque centrale
africaine et a fait référence aux expériences de l’Europe et de l’Afrique en la
matière. Il a souligné l’objectif principal de la Banque centrale à savoir :
i) Harmoniser et coordonner la politique monétaire ;
ii) Assurer une meilleure gestion monétaire et créer une monnaie commune dans le
cadre du processus d’intégration régionale ;
iii) Emettre des avis d’appel d’offres et battre monnaie ;
iv) Jouer le rôle de leadership et de contrôle en ce qui concerne les banques
centrales nationales et sous-régionales qui pourraient entreprendre, entre
autres, des opérations sur le marché libre.
46. La Banque centrale africaine devrait être indépendante tout en tenant compte
des exigences et en assurant une réglementation juste et un contrôle des banques
nationales ou régionales.
B) Exposé présenté par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO)
: Les dispositions de la zone franc peuvent-elles servir d’exemple à
l’intégration monétaire des Etats africains ?
47. La zone franc, formellement créée en 1939, résulte de l’évolution et des
transformations de l’ancien empire colonial français. Après leur accession à
l’indépendance, la plupart des nouveaux Etats ont choisi de rester dans un
ensemble homogène, structuré par un système de change commun.
48. Les accords de coopération monétaire existant entre les pays africains de la
zone franc reposent sur trois traités internationaux signés entre la France et,
respectivement, les pays de l’Union monétaire Ouest Africaine (UMOA), les pays
de la zone d’émission de la Banque des Etats d’Afrique Centrale (BEAC) et les
Comores, ainsi que sur les conventions de compte d’opérations qui y sont
rattachées. Ces accords sont complétés par les traités créant l’UEMOA et la
CEMAC, instituant deux unions économiques et monétaires, dotées d’institutions
communes. La politique monétaire au sein de ces deux espaces est mise en oeuvre
par la BCEAO et la BEAC, les deux banques centrales de la zone.
49. L’analyse de l’expérience de l’UMOA en matière de conduite de la politique
monétaire laisse apparaître que le renforcement de la discipline induit par ce
modèle a conféré à l’Union une stabilité monétaire qui s’est consolidée avec
l’adoption du traité créant l’UEMOA.
50. Toutefois, la bonne tenue de la monnaie ne s’est pas toujours reflétée dans
ces performances économiques de ces pays. Ces résultats suggèrent, pour
l’intégration monétaire africaine, que l’efficacité de l’action monétaire dans
un espace économique intégré requiert des réformes structurelles visant la
convergence des performances économiques, la diversification de la base
productive et la levée des entraves à la mobilité des biens et des personnes.
C) Exposé présenté par la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) :
Politique et questions institutionnelles relatives à la gestion d’une banque
centrale multinationale
51. La gestion optimale de la banque centrale multilatérale requiert la mise en
place d’un cadre institutionnel qui consacre son indépendance et par conséquent
la crédibilité de son action, en la mettant à l’abri des immixtions des
autorités politiques. Par ailleurs, l’efficacité de la politique monétaire
commune ne peut être garantie que dans un espace économique intégré, doté d’une
coordination entre cette politique monétaire commune et les politiques
budgétaires nationales (policy-mix) et d’une harmonisation des politiques
sectorielles, en particulier, dans le domaine financier.
52. La Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) née des Accords de
Brazzaville de novembre 1972, est un établissement public multinational qui
exerce le privilège de l’émission des billets et monnaies métalliques ayant
cours légal et pouvoir libératoire dans les Etats qui en sont membres.
53. Sur le plan institutionnel, les organes de décision et d’administration
comprennent la Conférence des chefs d’Etat, le Comité Ministériel, le Conseil
d’Administration et les Comités Monétaires et Financiers Nationaux. Pour sa
part, le contrôle de la Banque est assuré par le Collège des Conseillers, le
Commissariat aux comptes et le Comité d’Audit.
54. L’objectif assigné à la politique monétaire commune de la BEAC est d’assurer
une stabilité monétaire, laquelle est mesurée par le taux d’inflation et le taux
de couverture extérieure de la monnaie.
55. En effet, si durant les années fastes post-indépendance, cette politique
monétaire avait montré son efficacité, elle a été rapidement ébranlée par les
crises économiques traversées par un certain nombre de pays membres au cours des
années 80. Ainsi, la soutenabilité de la stabilité monétaire a été compromise
par l’avènement des politiques budgétaires expansionnistes et l’extrême
vulnérabilité des économies aux chocs extérieurs, lesquels ont conduit à une
baisse sensible des réserves extérieures en devises, à la fragilisation du
système financier sous-régional et à une accentuation des difficultés de
financement des entreprises.
56. C’est dans ce contexte que les Etats membres ont concédé à la dévaluation du
franc CFA en janvier 1994. Mais les effets de cette dévaluation bien que
positifs avaient été jugés insuffisants pour corriger les faiblesses
structurelles des économies. Il était apparu nécessaire de procéder à des
réformes profondes afin de réhabiliter l’appareil productif et d’assurer une
adéquation entre la politique monétaire commune et les politiques budgétaires
nationales pour prendre ainsi en compte les effets externes des politiques
nationales.
57. Ce train de réformes s’est inscrit dans le cadre d’une nouvelle
configuration de la sous-région qui a été caractérisée par la signature, en
1999, de deux conventions instituant respectivement l’Union Economique de
l’Afrique Centrale (UEAC) et l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC).
58. Pour sa part, la réforme du dispositif d’intervention de la BEAC s’est
effectuée en trois étapes. La première a été initiée en octobre 1990, lorsque la
Banque Centrale a introduit plus de souplesse et de rationalité dans la gestion
du loyer de l’argent.
59. La seconde a été caractérisée par l’adoption de la programmation monétaire
qui met en cohérence les objectifs monétaires avec le cadre macro-économique
prévisionnel. La mise en place du marché monétaire, le 1er juillet 1994,
constitue le dernier volet de cette réforme dont l’objectif est d’orienter la
politique monétaire vers l’usage d’instruments indirects.
D) Recommandations
Les experts sont conscients qu’il faut mettre en place la Banque centrale
africaine (BCA) au moment opportun. Son rôle sera de promouvoir la croissance
économique dans un contexte de la stabilité des prix. Ils ont également suggéré
que la BCA sera le point culminant de ce processus, étant donné qu’elle sera
progressivement mise en place par la création de banques centrales régionales.
La réunion a souligné la nécessité de créer au préalable la BAI en vue
d’accélérer l’intégration économique avant la création des deux autres
institutions. En vue de la création de la BCA, les experts ont proposé que des
leçons soient tirées des expériences des banques centrales qui ont réussi telles
que les banques de certains pays africains et des Caraïbes.
60. Par conséquent, les experts ont fait les recommandations suivantes :
i) Créer une monnaie commune et renforcer sa crédibilité ;
ii) Contribuer à l’intégration économique et au développement ;
iii) Poursuivre une politique monétaire sur le continent ; et
iv) Promouvoir la stabilité du secteur financier.
V. VOIE A SUIVRE.
A) Exposé présenté par la Commission de l’Union africaine : Comités Directeurs
61. En ce qui concerne la voie à suivre, la Commission de l’UA a étudié avec les
experts la proposition relative à la mise en place des comités directeurs pour
chacune des trois institutions financières. A cet égard, la CUA a informé les
experts que la Conférence de l’UA avait déjà pris une décision relative au siège
de ces institutions, à savoir :
i) La BAI à Syrte, Libye ;
ii) La BCA à Abuja, Nigeria ;
iii) Le FMA en Afrique Centrale.
62. Chaque comité directeur technique sera composé de 5 membres qui
travailleront sous la supervision du Département des Affaires économiques et
seront installés dans les pays hôtes respectifs.
B) Recommandations
En ce qui concerne la voie à suivre, les experts ont salué la proposition visant
la mise en place de comités directeurs techniques pour chacune des trois
institutions financières et ont vivement recommandé leur mise en œuvre.
Toutefois, pour plus d’efficacité, ils ont suggéré que la mise en oeuvre se
déroule en deux phases :
i) La première phase ou phase préparatoire sera axée sur les activités suivantes
:
- Étude de faisabilité
- Élaboration de protocoles
-
Autres activités telles que les ateliers, consultations avec les actionnaires et
partenaires etc.
Par ailleurs, les experts ont proposé que cette phase
préparatoire se déroule au siège de l’UA, sous la supervision du Département des
Affaires économiques.
ii) La deuxième phase ou phase de mise en oeuvre sera axée sur la mise en œuvre
effective et le démarrage des opérations des institutions. Les experts ont
proposé que cette phase se déroule au siège des institutions respectives.
63. En conséquence, les experts ont fait les recommandations suivantes :
i) Créer les trois comités directeurs techniques dès que possible ;
ii) Passer à la vitesse supérieure et envoyer un message clair au public
africain sur les progrès et l’engagement à mettre en place ces institutions ;
iii) Travailler en collaboration avec les institutions et partenaires appropriés
;
iv) Créer des comités directeurs pour chaque institution ; chaque comité ne
comprenant pas moins de 5 membres et pas plus de 8 membres ; et
v) Identifier les institutions et individus qualifiés qui travailleront au sein
des divers comités. En ce qui concerne les institutions, veillez à ce que des
lettres protocolaires soient envoyées.
VI. CONCLUSIONS FINALES
Au nom du Président de la Commission de l’Union africaine, le Directeur des
Affaires économiques a réitéré aux participants les remerciements de la CUA pour
la qualité du travail. Il a souligné le niveau élevé des débats, qui a permis à
la réunion de faire de justes recommandations. Il a rassuré les participants
quant à la bonne utilisation des conclusions de la réunion par la CUA, et a
indiqué qu’elles seront incorporées dans le document final relatif aux
institutions financières. Il a également informé les participants que la CUA
poursuivra sa collaboration avec eux ; et procédera au suivi des futures
activités visant le démarrage effectif des opérations des institutions.
19-20 SEPTEMBRE 2005
ADDIS ABEBA (ETHIOPIE)
DEPARTEMENT DES AFFAIRES ECONOMIQUES - UNION AFRICAINE
Telephone : 011 551 0595 Fax : 011 551 0249 P. O. Box 3243 Addis Ababa, ETHIOPIA
website : www. africa-union.org
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aussi:
Rationaliser les
institutions

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