Economie de l'Afrique
L'accroissement de la production alimentaire (2 % par an) ne suit pas le rythme de la croissance démographique.
L'Afrique est de plus en plus dépendante sur le plan alimentaire.
L'agriculture (2/3 de la population active) supporte mal la transition vers l'intensif.
L'Afrique, peu favorisée par son climat et la pauvreté des sols subsaharienne ne peut compter sur les possibilités de révolution verte fondées sur l'irrigation.
Le besoin croissant de terre et de bois de feu mène à la surexploitation du patrimoine naturel, notamment forestier, pour lequel il constitue une menace réelle : d'ici vingt ans, 15 à 20 % de la forêt tropicale africaine pourrait définitivement avoir disparu.
Industrie
A l'exception de quelques pays comme le Cameroun, la Côte-d'Ivoire, le Kenya, le Nigeria, le Zimbabwe, l'Afrique du Sud et l'île Maurice, ou encore les pays d'Afrique septentrionale (Algérie, Maroc, Tunisie, Égypte), les perspectives industrielles ne semblent pas plus favorables.
Ce secteur (12 % de la population active) a cependant profité de la priorité que les États lui ont accordée. Il est aidé par des financements extérieurs très élevés et bénéficie encore d'un puissant protectionnisme.
Mais de nombreux facteurs grèvent encore sa compétitivité : étroitesse des marchés, faiblesse du pouvoir d'achat des populations, coût souvent élevé de la main-d'oeuvre (en raison de la valeur élevée de certains taux de change) et des facteurs de production (eau, électricité, terrains) ainsi que des transports, faiblesse du tissu industriel, multiples ingérences de l'administration dans la gestion des entreprises, inadaptation et erreurs des politiques économiques, surévaluation de certains taux de change (comme le franc CFA en Afrique occidentale et centrale, jusqu'à sa dévaluation en janvier 1994), corruption des fonctionnaires et de la classe politique, etc.
Les pays africains souffrent aussi de la très faible diversification de leurs exportations.
Ces dernières sont composées essentiellement de produits primaires, qui procurent souvent 90 % de leurs recettes d'exportation : cultures de rente (cacao, café, coton, etc.) ou produits miniers (bauxite, cuivre, diamants, fer, manganèse, or, phosphates, uranium, zinc, etc.).
L'économie des pays africains dépend alors très étroitement des cours des matières premières fixés à Londres, Paris ou New York.
Ces pays ont donc beaucoup souffert de la chute générale des cours mondiaux depuis le début de la décennie 1980. En 1989, ces cours étaient inférieurs de 33 % à ce qu'ils étaient en 1980. La dégradation des termes de l'échange et les contraintes financières liées au poids de leur dette ont ainsi privé ces pays des précieuses devises qui auraient pu les aider à passer d'une économie de rente à une économie d'accumulation propice au développement.
Toutefois, depuis le début des années 1990, les cours se sont raffermis, provoquant une embellie économique dans nombre de pays.
Les pays pétroliers d'Afrique subsaharienne (Angola, Cameroun, Congo, Gabon, Nigeria), qui assurent environ 10 % de la production mondiale de pétrole, soit 135 millions de tonnes, ont aussi été victimes de la chute des prix après l'euphorie des années 1970, ainsi que de celle du cours du dollar depuis 1985.
Mais le renchérissement du prix du baril de brut, à partir d'août 1991, leur a permis d'améliorer sensiblement leur situation financière.
Quant aux autres pays importateurs d'hydrocarbures, ils ont été frappés de plein fouet par cette hausse brutale.
Nombre d'entre eux consacrent de 20 à 40 % de leurs devises à leur approvisionnement, si bien que chaque variation du dollar alourdit leurs factures.
D'autres facteurs internationaux fragilisent encore ces économies africaines, comme les taux d'intérêt élevés pratiqués par les banques, l'évolution défavorable du commerce Nord/Sud, l'excès de l'offre en produits tropicaux par rapport à une demande en diminution, ou encore la concurrence exercée par les nouveaux pays producteurs d'Asie ou d'Amérique latine.
Pour toutes ces raisons, l'Afrique subsaharienne enregistre une aggravation inquiétante des indicateurs du développement.
L'engagement des réformes
Le taux annuel de croissance du PNB par habitant est ainsi passé de 1,5 % entre 1965-1980 à (1,7 % entre 1980 et 1990).
La part de la santé et de l'éducation ne s'y élève plus qu'à 19 % du total des dépenses, contre 25 % il y a vingt-cinq ans.
Le taux de scolarisation primaire n'y est que de 56 % contre 86 % pour l'ensemble des autres pays en voix de développement.
La ration calorique ne s'y élève plus qu'à 89 % du taux normal, contre 92 % en 1965.
Aujourd'hui, 28 pays africains appartiennent au groupe des 41 pays les moins avancés. Pour redresser leur économie en perdition et retrouver les voies d'un développement durable, la plupart des pays africains ont mis en place des programmes d'ajustement structurel (PAS). Ces réformes parient audacieusement sur le désengagement de l'État, l'économie de marché et l'adoption par les acteurs africains des principes de compétitivité, de productivité et de rationalité dans la gestion : dévaluation, réduction des déficits budgétaires, privatisation des entreprises publiques, restriction salariale, libéralisation des échanges commerciaux, diminution du soutien aux prix agricoles, promotion de l'entreprise privée, etc.
Insufflées durant la décennie 1980, ces nouvelles dynamiques commencent lentement à montrer leur efficacité. En 1995, 16 pays africains ont pour la première fois connu des taux de croissance économique supérieur à leur taux de croissance démographique.
Mais ce bon résultat se réalise au prix de nombreuses conséquences négatives : hausse du coût des importations, inflation, coupes claires dans les dépenses publiques et sociales, licenciements, aggravation de la paupérisation, etc.
Très impopulaires, les PAS ont aussi provoqué, notamment au début des années 1990, de multiples grèves, voire des révoltes de la misère susceptibles de remettre en cause les politiques adoptées.
Situation économique du Maghreb
La situation économique des pays d'Afrique du Nord paraît globalement meilleure. La proximité géographique du Grand Marché européen pourrait notamment être une chance pour le Maghreb, en raison des possibilités de délocalisation d'industries manufacturières (textile, électronique, parachimie, etc.), attirées par les salaires huit à dix fois moins élevés et la faiblesse des charges sociales.
Encore faut-il que les conditions réglementaires, fiscales et les parités monétaires soient propices aux investissements étrangers.
Le Maroc, en qui beaucoup voient déjà un futur "dragon", et, à un degré moindre, la Tunisie commencent à bénéficier de ce mouvement, au travers de zones franches, grâce à la qualité de leur main-d'oeuvre, qui soutient la comparaison avec les pays asiatiques.
Source : Africa-onweb
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