Musée National de l’Esclavage

Le baptistère de Morro da Cruz : un haut lieu de mémoire

Ville ayant célébré, avec recueillement, cette année, les 431 ans de sa fondation, le 25 janvier dernier, Luanda, capitale de l’Angola, est une cité dont l´évolution, jusqu´au milieu du XIX éme a été marquée par son rôle comme centre de réception, concentration et exportation de la main-d´œuvre noire vers le Golfe de Guinée, les Amériques et les Caraïbes.

L´un des vestiges architecturaux de cette période assez singulière de l´histoire du pays, aujourd´hui mis en relief, est la fameuse chapelle, érigée, il y a 30 ans, en Musée National de l´Esclavage.

Historique

Sao Paulo de Assumpçao de Loanda, ville ardemment souhaitée par la Couronne portugaise et ayant pris pied sur un rassurant promontoire, est née de l´irrésistible mouvement mercantiliste qui s´est accéléré en Europe au XVI éme siècle, surtout après la découverte de l´Amérique.

Principal centre, après Benguela, de la Colonie d´Angola, la terre des NZinga occupée, fondera, jusqu´en plein milieu du XIX éme, sa vie économique sur l´exportation de la main-d´œuvre noire vers le Golfe de Guinée et l´outre – Atlantique.

Le caractère lucratif de ce négoce, sorti des profondeurs des ages, se traduira par, entre autres signes d´opulence, la construction de divers palais ou autres résidences, telles que celles abritant, actuellement, le Musée du Morro da Cruz (Tertre de la Croix), dans la banlieue sud de la capitale angolaise.
En effet, cette institution du souvenir a été érigée dans le baptistère, seul vestige, de la somptueuse et vaste demeure, construite au XVIII éme siècle par Pedro Matoso de Andrade, Capitaine Principal des stratégiques forteresses d´Ambaca, Muxima et de Massangano.
Il se donna les moyens de son ambition de confort immobilier en s´investissant, avec ardeur, concomitamment, á ses charges militaires, dans la traite des esclaves.
Respectueux de la bulle papale prescrivant l´obligation de convertir au christianisme, avant leur embarquement vers l´outre-Atlantique, les contingents de travailleurs esclaves africains, le négociant des bois d´ébène adjoindra donc á sa résidence, diverses dépendances logistiques, dont un temple.
Son fils, Alvaro de Carvalho Matoso, noble et Amiral des Vaisseaux Lusitaniens pour les Indes, y logera.

Création

C´est donc l´édifice baptistaire épargné, classé patrimoine culturel national, situé aujourd´hui, á 23 km de la route reliant Luanda á l´embouchure du fleuve Kwanza, qui sera érigé, le 7 décembre 1977, en Musée National de l´Esclavage.

Objectifs

Crée deux ans après la rédemptrice indépendance du pays, le Musée est une institution publique de référence, spécialisée dans la mise en œuvre des programmes de documentation et d´information, de recherche scientifique, de productions culturelles et d´éducation historique sur la tragédie qu´a constituée la chaîne organisationnelle ayant rendu possible, la capture dans l´hinterland de l´Afrique centrale et australe, l´acheminement vers le littoral, l´embarquement, le transport et l´installation dans les îles, proches, de Sao Tomé, Principe et Annobon, les immenses Amériques et l´ensemble insulaire caribéen, de prés de 5 millions de « loangos », « cabindas », « congos », « ngolas », « mundongos » et « benguelas ».

L´ensemble de ces objectifs vise, en même temps, á souligner le nombre approximativement égal, des victimes, directs ou indirects, de ces opérations.

Exposition permanente

L´exposition permanente du Musée a pour principales pièces, des instruments de cœrcition et d´immobilisation tels que différents types de menottes, poids et autres dispositifs en bois, bénitiers, bougeoirs, armes de chasseurs d´esclaves (sagaies, flèches, fusils) , etc.
Elle est soutenue par diverses reproductions (gravures, cartes, textes et statistiques d´époque, maquettes de caravelles, etc.).

Coopération internationale

Elle s´exerce dans un cadre aussi bien bilatéral que multilatéral.
Les actions d´échanges documentaires, de recherches scientifiques, de productions culturelles et de formation seront développées, dans le cadre du biennum 2007 / 2008, et en se fondant sur la fameuse configuration de l´ancien « commerce triangulaire », avec les « angolaises » îles du Golfe de Guinée, l´ensemble des pays américains et caribéens ainsi qu´avec les États de l´Union Européenne.

Diverses actions seront menées dans la dynamique de la célébration durant cette période biennale, dans des pays tels les États-Unis d´Amérique et le Royaume Uni, du Bicentenaire de l´Abolition de l´Esclavage.

L´articulation avec des programmes de coopération multilatérale se consolidera dans le cadre des projets du Conseil International des Musées (ICOM) mais surtout du Projet de l´UNESCO « La Route de l´Esclave », dont la coordination du Comité National angolais est assurée par l´actuel Directeur du Musée.

Partenariat

Une part importante des activités du biennum sera exécutée avec la collaboration de diverses institutions ou sociétés publiques et privées, nationales ou internationales, mais également, avec celle de différentes entités associatives.

Perspectives

Le programme du Musée établi pour les deux prochaines années, découlera, pour l´essentiel de sa réouverture – qui est imminente – après de nouveaux travaux de restauration du vieil édifice – baptistère.
Les activités y relatives s´étaleront sur quatre axes principaux : l´édification des infrastructures, l´organisation documentaire, la mise en route des études scientifiques et le lancement de diverses productions culturelles.

La construction d´infrastructures permettra d´élargir le MNE en un complexe muséal et l´érection d´un Mémorial en hommage aux 5 millions d´angolais, victimes de la traite des esclaves, dans une perspective de tourisme culturel, d´attraction ouvertement internationale.

La vitale base documentaire, numérique, aura pour épine dorsale, le site internet.

Quant á la recherche, elle aboutira á diverses études, telles que celles relatives á l´enracinement, dans les langues et les traditions orales bantu du pays et de la sous – région, du lexique lié á tout le réseau organisationnel de la traite, á l´organisation des caravanes ou á la cristallisation des différentes formes de résistances aux violentes campagnes de rapt.

Enfin, le plan de productions culturelles se traduira par, notamment, des expositions itinérantes á caractère iconographique, artistique et artisanal, des conférences publiques, la tenue d´un Salon du Livre sur l´esclavage, la réalisation de documentaires sur des lieux de mémoire, la projection de films, l´organisation de spectacles et de concerts de jazz et gospels, la production de programmes radio et de pièces de théâtre, le lancement des concours de dessin d´enfants, etc.

Contacts :

Adresse postale
C.P. 567
Luanda ( Angola )
Tél.: ( 244 2 ) 924 771 880
E – mail: bantulink@yahoo.fr

Directeur
Simao Souindoula
E – mail: souindoulasimao@yahoo.fr

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