Démocratie et école

Source : A. Jacquard

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Il ne suffit pas que le peuple exerce le pouvoir pour que la démocratie soit réalisée. Encore faut-il que ce pouvoir soit exercé au profit des hommes, c’est-à-dire en s’efforçant d’apporter à chacun ce qui lui permet de devenir et de développer une personne.

Le prodige apporté par notre espèce, dans cet univers où tout est soumis aux forces naturelles, est la capacité de chaque individu non seulement d’être, mais de savoir être, c’est-à-dire de prendre conscience de son existence et de son pouvoir sur ce qui l’entoure. Cette conscience ne peut émerger que de nos échanges avec les autres. Nous ne sommes pas seulement un corps dont les métabolismes se déroulent; mais avant tout nous sommes les liens que nous tissons. L’objectif fondamental de toute société, auquel doit se soumettre la structure de pouvoir, est de permettre ce tissage, de favoriser ces échanges réciproques de chacun avec tous. Une société totalitaire, considérant les individus comme les outils au service de l’ambition d’un chef ou d’un groupe, s’écarte nécessairement de cet objectif; elle ne peut être que barbare, c’est-à-dire irrespectueuse de la spécificité humaine.

Une société apparemment démocratique risque d’être tout aussi barbare si elle adopte des objectifs incompatibles avec l’épanouissement de chacun. Tel est le cas des sociétés dites “libérales” qui ont choisi comme moteur la compétition et comme guide de leur action les critères financiers. Ce risque est particulièrement mis en évidence par la politique qu’elles adoptent pour leur système éducatif.

L’école est avant tout le lieu où l’on apprend à échanger, où l’on trouve les matériaux de la construction de soi-méme. Tout doit donc être soumis à ses besoins. Toutes les contraintes, y compris financières, doivent s’effacer devant les nécessités de l’éducation. Paraphrasant Gaston Bachelard, on peut déclarer démocratique une société qui se met au service de l’École, et barbare une société qui prétend mettre l’École à son service. (juillet 1996)

RÉSUMÉ
Généticien, Albert Jacquard n’a jamais cessé de s’interroger sur ce qui se transmet d’une génération à l’autre. Sous la forme d’une lettre à un arrière-petit-enfant adolescent en 2025, l’auteur de L’Équation du nénuphar nous offre ici la synthèse de ses questionnements, de ses convictions, de ses craintes et de ses espoirs.

Huit milliards d’êtres humains parviendront-ils demain à cohabiter sur la planète ? Quelles conséquences une consommation frénétique, des manipulations incontrôlées du génome humain pourraient-elles avoir sur l’environnement et sur le destin collectif ? Quels garde-fous saurons-nous inventer pour préserver à la fois la diversité et la paix ?

Goût de connaître, respect de l’autre, nécessité de la critique et parfois de l’insoumission : telles sont les valeurs, ancrées dans sa vie et dans ses combats, que réaffirme ici Albert Jacquard, et qui font au bout du compte de ce livre une leçon d’optimisme et d’espoir.

Albert Jacquard
généticien

“Tous les hommes naissent libres et égaux …” – brochure distribuée en 1997 par les TEC (Transport En Commun) de Belgique.
TEC – Faisons bouger le monde
c/o GCI-DIALOGIC – Rue Michel Zwaab, 18 – 1080 – Bruxelles

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